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Colloque organisé par le Conseil National des Bashingantahe sur la Transformation Socioculturelle pour le Développement Intégral et Durable au Burundi
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Le colloque des Bashingantahe, tenu les 2 et 3 juin 2026 à Donatus Conference Center à Bujumbura, a rassemblé plus de cent participants, illustrant l’engagement croissant en faveur de la transformation socioculturelle au Burundi. Cet événement a réuni les membres du Comité Exécutif du Conseil National des Bashingantahe, les membres du Comité Exécutif de la Fondation Intahe, les représentants des Bashingantahe des zones de la ville de Bujumbura, les représentants des Bashingantahe des anciennes Provinces du Burundi ainsi que des Bashingantahe venus de la diaspora, notamment d’Europe, du Canada et des États-Unis d’Amérique. Le colloque a également vu la présence de représentants de l’État/l’administration, d’ONG, Organisations de la Société Civile, de confessions religieuses, d’entrepreneurs, de femmes et de jeunes, créant un environnement propice à des échanges fructueux.

Le colloque a été ouvert par Mr Adrien SIBOMANA, Président du Conseil National des Bashingantahe.
Il a vivement remercié le Président de la République du Burundi pour son soutien moral à
l’organisation de cet événement crucial. L’orateur a souligné l’importance de l’engagement des
Bashingantahe dans le développement du pays, mettant en avant leur rôle en tant que gardiens de la
tradition et médiateurs dans les conflits. Il a encouragé les participants à profiter de cette plateforme
pour partager leurs expériences, échanger des idées novatrices et collaborer sur des projets qui
favorisent la contribution à la réalisation de « la Vision Burundi pays émergent en 2040 et pays
développé en 2060 » et le bien-être de la société burundaise.

Ce colloque a abordé six thèmes principaux, chacun d’eux étant développé par des experts dans leur
domaine.
Le premier thème a exploré le rôle des Bashingantahe dans le développement du pays. Les
intervenants ont mis en avant la manière dont les leaders traditionnels peuvent agir comme des
médiateurs efficaces, jouant un rôle central dans la résolution des conflits et la promotion de la paix.
Il a été souligné que les Bashingantahe possèdent une connaissance approfondie des dynamiques
sociales et culturelles, ce qui leur permet de proposer des solutions mieux adaptées aux réalités
locales. Leur influence et leur respect au sein des communautés leur confèrent une légitimité unique
pour encourager des comportements pacifiques et collaboratifs, ce qui est essentiel pour le
développement harmonieux de la société burundaise.
Le deuxième thème a porté sur la nécessité de changer les mentalités des Burundais. Les
intervenants ont discuté des défis culturels et sociopolitiques qui entravent le progrès, notamment
les stéréotypes et les préjugés qui persistent dans la société burundaise. Ils ont proposé des
stratégies pour encourager un engagement actif dans le développement communautaire. L’éducation
a été identifiée comme un levier essentiel pour transformer les attitudes et les comportements. Des
initiatives de sensibilisation visant à promouvoir des valeurs telles que la solidarité, la responsabilité
et le respect mutuel ont été mises en avant comme des moyens efficaces pour encourager un
changement positif au sein de la société.
Le troisième thème a examiné les caractéristiques d’un leadership efficace pour un développement
durable. Les présentateurs ont souligné la responsabilité des leaders dans l’implémentation de
projets qui répondent aux besoins actuels de la société. Ils ont insisté sur l’importance d’un
leadership visionnaire, capable de mobiliser les ressources et d’inspirer l’action collective. Les
intervenants ont également discuté des compétences nécessaires pour un leadership efficace, telles
que la communication, l’empathie et la capacité à travailler en collaboration avec diverses parties
prenantes.
Le quatrième thème a abordé la préservation des diversités culturelles, avec un accent particulier
sur l’importance de valoriser les traditions tout en intégrant des pratiques modernes. Les
intervenants ont encouragé une approche qui célèbre la richesse culturelle du Burundi, tout en
favorisant l’innovation et le progrès. Ils ont souligné que la diversité culturelle est un atout majeur
pour le développement et qu’il est essentiel de créer des espaces de dialogue et de collaboration
entre les différentes cultures pour promouvoir une société unie et résiliente.
Le cinquième thème a discuté des enjeux de santé publique et de protection de l’environnement. Les
intervenants ont affirmé qu’une approche intégrée de ces deux aspects est essentielle pour garantir
un développement durable. Des recommandations ont été faites pour sensibiliser la population à
l’importance de la santé et de la protection de l’environnement ainsi que pour promouvoir des
pratiques durables qui préservent les ressources naturelles du pays. Les discussions ont également
mis l’accent sur la nécessité de développer des programmes de santé communautaire qui intègrent
les connaissances traditionnelles et les pratiques modernes.
Le sixième thème a porté sur les stratégies pour le changement des mentalités face aux défis
contemporains dans des domaines tels que l’éducation, la santé et l’environnement. Les intervenants
ont proposé des approches innovantes pour aborder ces défis, notamment à travers l’éducation
citoyenne et la sensibilisation des jeunes. Ils ont souligné que le changement des mentalités est un
processus continu qui nécessite l’engagement de toutes les couches de la société, et que les
Bashingantahe ont un rôle clé à jouer dans ce processus.
En effet, l’Ubushingantahe, institution traditionnelle du Burundi, mérite une inscription au patrimoine
culturel immatériel de l’UNESCO en raison de sa profonde signification culturelle et sociale. Ce
système de gouvernance, dirigé par des sages appelés “Abashingantahe”, incarne des valeurs
essentielles telles que la justice, la paix et la solidarité. Il constitue un modèle de résolution pacifique
des conflits, permettant aux communautés de trouver des solutions harmonieuses sans recourir à la
violence.
En outre, l’ Ubushingantahe joue un rôle crucial dans la transmission des savoirs et des pratiques
culturelles de génération en génération. Les sages transmettent des enseignements éthiques et
moraux, contribuant ainsi à la formation d’une conscience collective et à la préservation des valeurs
culturelles burundaises. Cette transmission intergénérationnelle garantit que les jeunes générations
comprennent et intègrent l’importance de leur héritage culturel.
L’inscription de l’Ubushingantahe sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO renforcerait
également la diversité culturelle au niveau mondial. En valorisant cette institution, nous mettons en
lumière une partie intégrante de l’identité burundaise, tout en encourageant le respect et
l’appréciation des différentes cultures à travers le monde. Cela favoriserait un dialogue interculturel
enrichissant et renforcerait les liens entre les nations.
De plus, l’Ubushingantahe contribue au développement durable en favorisant la cohésion sociale dans
un pays qui a connu des conflits. En promouvant la paix et la réconciliation, cette institution joue un
rôle vital dans la création d’un environnement propice au climat des affaires et au développement
économique et social.
Enfin, l’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO offrirait une reconnaissance
internationale à l’Ubushingantahe, attirant l’attention sur la richesse de la culture burundaise. Cela
ouvrirait des opportunités pour des projets de sauvegarde et de promotion, garantissant la pérennité
de cet héritage pour les générations futures. En somme, l’Ubushingantahe représente un trésor
culturel vivant qui mérite d’être préservé et célébré à l’échelle mondiale.
Des témoignages ont également été partagés au cours du colloque. Plusieurs participants ont relaté
leurs expériences sur le terrain, illustrant comment ils ont utilisé des méthodes traditionnelles de
médiation pour résoudre des conflits au sein de leurs communautés. D’autres ont présenté des
initiatives locales visant à améliorer l’éducation et la santé, démontrant ainsi le rôle actif des
Bashingantahe dans le développement de leur société. Ces témoignages ont enrichi les discussions
et mis en lumière l’impact positif des Bashingantahe dans leurs localités.
Des groupes de travail ont ensuite été constitués pour approfondir les thèmes abordés, permettant
aux participants d’échanger des idées et de formuler des recommandations concrètes. Chaque
groupe a discuté de divers aspects liés au rôle des Bashingantahe dans le développement. Ils ont
identifié des moyens d’améliorer la collaboration entre les Bashingantahe et les autorités locales,
ainsi que des stratégies pour sensibiliser la communauté à l’importance de la médiation et du
dialogue. Les échanges ont également porté sur l’implication des jeunes et des femmes dans les
actions de développement, ainsi que sur les initiatives pour promouvoir la santé et l’environnement.
À l’issue des discussions en groupe, plusieurs recommandations ont été formulées. Il a été proposé
de renforcer l’usage de la langue kirundi et des valeurs culturelles dans les initiatives de
développement. Les participants ont également suggéré d’organiser des ateliers de formation afin
d’améliorer leurs compétences en leadership et en médiation. En outre, des campagnes de
sensibilisation sur le développement durable ont été recommandées, ainsi que des actions concrètes
pour encourager la jeunesse à s’impliquer activement dans la préservation des traditions culturelles.
Le colloque s’est terminé par un discours de clôture prononcé par Adrien SIBOMANA, Président du
Conseil National des Bashingantahe. Il a remercié tous les participants pour leur engagement et leur
contribution. Il a souligné que le colloque avait permis d’établir un consensus sur l’importance de la
collaboration pour le développement du Burundi. Il a encouragé chacun à partager les idées discutées
et à s’engager dans des actions concrètes au sein de leurs communautés.
Enfin, il a rappelé l’importance de travailler avec des institutions comme l’UNESCO pour faire
reconnaître l’Ubushingantahe comme patrimoine culturel immatériel, renforçant ainsi le rôle des
Bashingantahe dans le développement durable du pays. Ce colloque a été une étape significative vers
un avenir où les valeurs traditionnelles et les aspirations modernes coexistent harmonieusement
pour le bien du Burundi.
